La construction de la coque - 2ème étape

Puritan en cale sèche
Il s'agit maintenant de mettre en place la deuxième couche du bordé qui sera constituée d'une essence de bois noble. Sur le Puritan, les 5 bordés inférieurs étaient en chêne recouverts avec des plaques de cuivre et les suivants étaient en pin dur. Ces essences ne sont pas utilisées en modélisme car leur grain est trop grossier et le rendu à l'échelle n'est pas réaliste. Mamoli fournit dans son kit des baguettes d'acajou, mais ce bois n'est pas non plus adapté. Il a les mêmes inconvénients que les essences précédemment citées et de plus, il est fragile et donc difficile à travailler. Il faudrait utiliser du poirier, l'essence reine en modélisme naval, mais comme la coque sera peinte, je vais faire avec l'acajou.
Pour cette deuxième couche, il va falloir affiner les bordés à chaque extrémité comme sur un vrai navire, afin de développer harmonieusement le volume de la coque. Dans la réalité, les bordés sont généralement constitués de plusieurs planches mises bout à bout, car les arbres ne sont pas assez grands pour fournir des bordés d'un seul tenant. On parle alors de virures. Si, comme en modélisme d'arsenal, le boisé de la coque restait apparent, il  faudrait respecter ces règles. Mais ce n'est pas le cas ici et les baguettes d'acajou seront donc collées d'un seul tenant.
Remplacement de virures sur  Sobria
Calcul des largeurs des bordés
La méthode est simple : on prend la mesure du bord extérieur du maître couple moins les 3 bordés supérieurs appelés "bordés de pavois" et le bordé inférieur appelé "galbord" qui ne doivent pas être affinés. On divise cette mesure par la largeur d'un bordé (5mm) ce qui va nous donner le nombre de planches à poser. On prend ensuite la mesure des couples de poupe et de proue que l'on divise par le nombre des bordés précédemment calculés afin de déterminer la largeur des bordés à leurs extrémités.
Repérage de l'emplacement des bordés 
sur le maître couple et  sur la proue
Effilage ou brochetage des bordés
Il y a bien des techniques et des outils pour effiler les bordés. J'ai choisi une méthode rustique qui n'est pas très productive mais qui a l'avantage de demander peu d'outils. On reporte les calculs précédents sur les baguettes qui sont ensuite positionnées en biais entre deux équerres d'aluminium de manière à ce que seule la partie à enlever soit apparente. Le tout est solidarisé avec quelques serre-joints et placé dans l'étau de l'établi.  Il suffit alors d'effectuer quelques passes fines avec un ciseau à bois bien affûté pour éliminer tout ce qui dépasse. Il faut bien entendu faire la même chose pour l'autre extrémité de la baguette. On peut travailler 2 bordés en même temps pour aller plus vite et obtenir un résultat identique pour chaque côté.
Une fois l'effilage effectué, les bordés sont mis à tremper dans de l'eau tiède pendant 1/2 heure afin de les rendre plus flexibles. Ils sont ensuite collés par paire, un de chaque bord pour équilibrer les efforts de traction dus au séchage du bois. Il est préférable de coller le côté effilé contre le champ non travaillé du précédent bordé afin d'avoir une base rectiligne et éviter de cumuler sur les mêmes bords les petits défauts résultants de l'effilage.
Effilage des bordés au ciseau à bois
Trempage des bordés dans la baignoire
Pose du premier bordé de pavois
Chéri, tu peux étendre la lessive  ?
 J'ai dû rendre les épingles à linge...
Mais finalement les vis à border sont plus efficaces
Collage par paire pour équilibrer les efforts
Pose du dernier bordé aussi appelé "galbord"

Voilà, le bordage de la coque est terminé. Il ne reste plus qu'à enduire légèrement et poncer pour obtenir une belle surface avant la mise en peinture. Il va falloir aussi corriger les erreurs du kit Mamoli en se basant sur le plan original dessiné par Eward Burguess et malheureusement découvert alors que la réalisation de la coque était bien avancée.

C'est ce que nous verrons la prochaine fois !

À bientôt J
DD



Commentaires

  1. Chéri, tu peux débarrasser la table, c'est l'heure de manger !

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  2. Tu vois pas qu'il est occupé ?!!!
    RrroohhhH !

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  3. Madame de K. ne dérangez pas l'artiste!

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  4. Mais vous allez être assez minces pour monter à bord ?

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  5. Haaaa! Heureusement que je suis supporté par un public averti qui a bien compris qu'il assistait à la naissance d'une oeuvre d'art.

    Mis à part Yoj peut-être; il me semble voir poindre une certaine perfidie dans son commentaire... (Ça m'étonne de lui pourtant)

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  6. Tu vas peindre avant de monter le reste ? T'as pas peur d'écailler ? Très beau travail en tout cas.

    Bref je continue de suivre ça.

    PS : Si tu dois usiner une pièce fais moi signe on a du matos à la plate forme méca de l'école (j'ai vu quelque part un mec qui usinait des canons même si là y'a pas l'air d'en avoir). Je sais pas si on peut faire des trucs aussi minutieux mais va savoir ^^

    Guigui

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  7. Une vraie ménagère : après les épingles à tête, les pinces à linge !!! Les "à côtés" colorés de ton "petit"(*) bricolage me font sourire !

    :)


    (*) Point de moquerie, j'admire ta patience et ton souci de minutie. :)

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  8. --> Guigui : en fait, je vais d'abord faire le pont, mais il faut pas le dire sinon y aura plus de suspens ;-D
    Merci pour ta proposition, mais il s'agit d'un yacht de course et ils n'utilisaient pas de canons (du moins à ma connaissance).

    --> MissTortue : il est vrai qu'avec le modélisme naval on touche à tout. Et quand j'en serai aux voiles, il va falloir que je pique la machine à coudre à Mme de K, mais chut, elle ne le sait pas encore ;-D

    A bientôt :-)
    DD

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